Plusieurs formations politiques ont pris part, ce lundi 27 avril à Dakar, à la concertation nationale pour des élections territoriales apaisées, organisée par le COSCE. Ce cadre de dialogue a rapidement mis en lumière de fortes préoccupations, notamment du côté de l’opposition, qui alerte sur l’absence de consensus autour du projet de modification des articles L.29 et L.30 du Code électoral.
Au cours des échanges, les acteurs politiques et de la société civile ont passé en revue les enjeux liés aux élections territoriales prévues en 2027. Au centre des critiques : l’initiative portée par le groupe parlementaire du PASTEF visant à modifier certaines dispositions du Code électoral, jugée unilatérale par plusieurs participants.
Pour le COSCE et le Front pour la défense de la République (FDR), toute réforme électorale doit impérativement reposer sur un large consensus. Leur position est claire : les règles du jeu démocratique ne peuvent être modifiées au gré des majorités politiques.
Le coordonnateur du COSCE, Moundiaye Cissé, a insisté sur la nécessité d’aborder l’ensemble des préoccupations liées au processus électoral. « Il ne s’agit pas seulement des articles L.29 et L.30, mais aussi de la date des élections, de la révision exceptionnelle des listes et du fichier électoral », a-t-il précisé. Il annonce, dans cette dynamique, l’élaboration prochaine d’un mémorandum contenant des recommandations issues de ces concertations.
Également directeur exécutif de l’ONG 3D, il met en garde contre toute forme de désordre institutionnel et appelle les autorités, notamment celles du PASTEF, à privilégier l’ouverture et le dialogue avec l’ensemble des acteurs politiques.
Du côté de l’opposition, le ton est plus critique. Le coordonnateur du FDR, Oumar Sarr, dénonce une « démarche unilatérale » et s’inquiète du manque de visibilité sur le calendrier électoral. « À quelques mois des élections, aucune date officielle n’est encore connue », a-t-il regretté.
Même son de cloche chez Zahra Iyane Thiam, du mouvement La Nouvelle Responsabilité, proche de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Elle rappelle que le Sénégal a toujours su surmonter ses tensions électorales grâce au dialogue et appelle à renouer avec cette tradition de consensus.
Au final, cette concertation aura surtout confirmé une réalité : sans dialogue inclusif et sans règles partagées, le processus électoral risque de cristalliser davantage les tensions au lieu de les apaiser.



