À Ziguinchor, le CEM de Djibonker marque un tournant avec la mise en œuvre d’un programme structuré de promotion de l’hygiène intégrant la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM). Portée par l’ONG-3D, l’initiative traite la question menstruelle pour ce qu’elle est réellement : un droit fondamental, directement lié à l’éducation, à la santé et à la dignité des filles.
Le programme s’inscrit dans un projet plus large de promotion des droits humains à l’eau et à l’assainissement, avec une approche genre assumée. Il est mené en partenariat avec la Fundación MUSOL, BYC et Caritas, avec l’appui de l’Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AECID).
Concrètement, quatre programmes intégrant la GHM ont été déployés dans quatre établissements de la commune d’Énampore : le CEM de Djibonker, le CEM d’Énampore, l’École primaire de Bandial et le Lycée de Nyassia. À chaque étape, les besoins spécifiques des filles ont été identifiés et intégrés dès la conception des actions.
Dans un contexte marqué par des insuffisances en eau, en latrines fonctionnelles et en équipements adaptés, la démarche a mobilisé filles et garçons, enseignants, parents et acteurs communautaires. L’enjeu est de taille : réduire les inégalités, déconstruire les tabous persistants autour des règles et garantir aux filles un cadre scolaire sûr, respectueux et inclusif.
Car le constat est sans détour : l’absence d’installations adéquates et le poids des stéréotypes alimentent l’absentéisme et, parfois, le décrochage scolaire des adolescentes. En brisant le silence autour des menstruations et en assurant intimité, hygiène et respect, le programme agit sur un levier décisif de l’égalité de genre.
À Djibonker comme dans les autres établissements concernés, l’hygiène menstruelle n’est plus un sujet marginal. Elle devient un pilier de la réussite éducative et de la dignité des filles.



