Le président du Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE), Babacar Guèye, a lancé mercredi un appel fort à la mobilisation citoyenne en faveur de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale au Sénégal, dans un contexte national qui exige, selon lui, un retour au dialogue et au vivre-ensemble.
« Nous sommes heureux de célébrer aujourd’hui la paix, non pas comme une idée abstraite, mais comme un impératif collectif. Le contexte actuel de notre pays nous rappelle l’urgence de renforcer les fondements de notre vivre-ensemble, d’apaiser les tensions, de réhabiliter le dialogue et surtout de nous unir autour de l’essentiel : la stabilité, la cohésion sociale et la démocratie », a-t-il déclaré.
Babacar Guèye s’exprimait à l’occasion du lancement du tout premier “Déjeuner de la Paix”, une initiative du COSCE organisée avec le soutien de l’Union européenne et de l’Ambassade du Royaume-Uni.
Une forte mobilisation autour des ambassadeurs de la paix
La rencontre a réuni une quinzaine d’Ambassadeurs de la Paix récemment désignés, ainsi que plusieurs personnalités de premier plan, dont le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), des diplomates et des représentants de partenaires techniques et financiers, notamment l’ONG 3D et le GRADEC.

Pour le président du COSCE, l’organisation entend incarner une société civile « ni résignée ni désabusée, mais organisée, engagée et agissante », capable de jouer pleinement son rôle dans la consolidation de la démocratie et de la paix.
« Œuvrer pour le dialogue social, régénérer la paix, signer cette Charte, ce n’est pas simplement une posture. C’est un acte de foi, un engagement moral et la conviction qu’une société juste, pacifique et inclusive est possible », a-t-il soutenu.
S’adressant directement aux Ambassadeurs de la Paix, Babacar Guèye les a exhortés à faire de la Charte pour la Paix un engagement durable, appelant à bâtir « des ponts entre les communautés, entre les institutions et entre les générations ».
« Le prix à payer, ce sera de faire l’Histoire avec vous », a-t-il conclu.
Le soutien affirmé des partenaires internationaux
Prenant la parole, l’ambassadrice du Royaume-Uni au Sénégal, Juliette John, a salué la signature de la Charte des Acteurs de la Société Civile pour la Consolidation de la Paix, qu’elle a qualifiée de « pacte collectif et inclusif » en faveur d’une démocratie forte et apaisée.

« Cette Charte est le fruit d’une expérience, mais aussi l’expression d’un espoir : celui d’un peuple qui, à chaque tournant, choisit la paix », a-t-elle déclaré, rendant hommage à la résilience et à la culture du consensus qui caractérisent la société sénégalaise.
Elle a insisté sur le fait que la paix ne devait pas être perçue comme une simple trêve entre deux échéances électorales, mais comme une culture profondément enracinée dans tous les espaces de la vie sociale : écoles, daaras, médias, quartiers, entreprises et foyers.
« Le Royaume-Uni est fier d’appuyer cette initiative, car nous croyons que les solutions durables viennent de l’intérieur », a-t-elle ajouté.
Structurer l’action pour prévenir les conflits
De son côté, Christophe Casas, président de la délégation du Royaume-Uni, a appelé à une meilleure structuration des actions des Ambassadeurs de la Paix, notamment dans la prévention des conflits et la promotion de la cohésion sociale.
Selon lui, cette rencontre a permis de diffuser le Guide de l’Ambassadeur de la Paix, d’identifier les zones de tension, de définir un plan d’action concerté et de renforcer les mécanismes de coordination et de dialogue citoyen.
Le diplomate a salué le Sénégal comme un « modèle de résilience, de dialogue et de participation citoyenne », réaffirmant l’engagement du Royaume-Uni et de l’Union européenne à accompagner durablement la société civile sénégalaise à travers des partenariats structurants et inclusifs.



