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Ziguinchor : L’ONG 3D accompagne Nyassa dans la gestion des déchets solides

Dans cette commune rurale du département de Ziguinchor, les tas d’ordures qui jonchent certains espaces publics racontent une histoire devenue trop familière dans de nombreuses localités sénégalaises : celle d’une croissance démographique qui dépasse largement les capacités de gestion des déchets. Mais du 3 au 5 février 2025, Nyassa a pris un tournant décisif dans son combat pour un environnement plus sain. Pendant trois jours, 25 acteurs locaux se sont réunis pour apprendre, planifier et imaginer ensemble un système durable de gestion des déchets solides.

Quand la croissance devient un défi sanitaire

Nyassa, comme beaucoup de communes rurales du Sénégal, connaît une transformation rapide. La population augmente, les habitudes de consommation changent, et avec elles, le volume et la nature des déchets produits explosent. Plastiques, emballages, déchets organiques, ferrailles : la commune croule sous des montagnes d’ordures qu’elle ne sait plus gérer.

Les conséquences sont multiples et graves. Sur le plan sanitaire, les tas d’ordures deviennent des nids à moustiques, vecteurs du paludisme. Les eaux stagnantes mélangées aux déchets favorisent les maladies diarrhéiques. Les fumées des incinérations sauvages provoquent des problèmes respiratoires. Sur le plan environnemental, les déchets plastiques obstruent les canaux de drainage, contaminent les sols et les nappes phréatiques, détruisent la beauté naturelle de la Casamance.

Une formation pour bâtir des solutions durables

Face à cette urgence, l’ONG 3D, en partenariat avec Musol, a organisé une formation stratégique destinée à 25 membres du cadre de concertation chargé du suivi du Plan d’Occupation et d’Affectation des Sols (POAS). Le choix de cette cible n’est pas anodin : ces acteurs, qui incluent des élus locaux, des responsables administratifs, des représentants de la société civile et des chefs de quartier, ont la légitimité et la capacité d’impulser et de coordonner une politique communale de gestion des déchets.

Premier jour : Comprendre les enjeux

La première journée a été consacrée à un état des lieux sans complaisance. Armés de données chiffrées et d’études de cas, les formateurs ont exposé l’ampleur du défi. Combien de tonnes de déchets Nyassa produit-elle quotidiennement ? Quelle est la composition de ces déchets ? Quels sont les impacts sanitaires documentés ? Quels sont les coûts économiques de l’inaction ?

Au-delà des chiffres, la formation a permis de comprendre les différents types de déchets et leurs caractéristiques : déchets biodégradables, plastiques, métaux, verre, déchets dangereux. Chaque catégorie nécessite un traitement spécifique, et c’est là toute la complexité d’une gestion efficace.

Deuxième jour : Élaborer un plan d’action

La deuxième journée est passée de la théorie à la pratique. Divisés en groupes de travail, les participants ont commencé à esquisser les contours d’un plan de gestion des déchets adapté aux spécificités de Nyassa.

L’organisation de la collecte a été le premier chantier. Où placer les points de collecte ? Quelle fréquence de ramassage ? Quels moyens de transport utiliser ? Comment financer ce service ? Les débats ont été nourris. Certains ont proposé un système de pré-collecte par quartier avec des jeunes bénévoles, d’autres ont suggéré la création d’une brigade municipale dédiée, d’autres encore ont évoqué la possibilité de déléguer le service à une entreprise privée.

Le tri à la source est apparu comme un élément clé du futur système. Plutôt que de tout mélanger, les ménages devraient séparer les déchets organiques (compostables), les plastiques et métaux (recyclables) et les autres déchets.

Le site de traitement a fait l’objet de longues discussions. Où l’implanter ? Comment l’aménager ? Quelles installations prévoir ? Un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’avoir plusieurs zones : une pour le compostage des déchets organiques, une pour le stockage temporaire des recyclables, et une décharge contrôlée pour les déchets ultimes non valorisables.

La valorisation a enthousiasmé les participants. Les déchets organiques peuvent être transformés en compost pour enrichir les sols agricoles. Les plastiques et métaux peuvent être vendus à des recycleurs. Même les déchets ultimes peuvent, dans certains cas, servir de combustible pour des fours.

Troisième jour : Sensibilisation et gouvernance

La dernière journée s’est concentrée sur deux aspects cruciaux : la sensibilisation des populations et la gouvernance du système.

La gouvernance du futur système a également été discutée. Qui sera responsable de quoi ? Comment assurer la coordination entre les différents acteurs ? Comment mobiliser et gérer les ressources financières ? Un comité de pilotage communal sera mis en place, comprenant des représentants de la mairie, de la société civile, des services techniques et des populations.

Le lien avec le POAS : une vision intégrée du territoire

L’intégration de cette formation dans le cadre du suivi du POAS (Plan d’Occupation et d’Affectation des Sols) révèle une approche stratégique. Le POAS est l’outil qui définit comment l’espace communal doit être organisé et utilisé. Y intégrer la gestion des déchets signifie penser cette question non pas de manière isolée, mais comme une composante essentielle de l’aménagement du territoire.

 

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L’ONG 3D (Démocratie, Droits Humains et Développement) œuvre pour une société plus juste, inclusive et participative.
Depuis plus de dix ans, nous accompagnons les citoyens, les institutions et la société civile dans la promotion de la démocratie, la défense des droits humains et le développement durable au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

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