Le 1er octobre 2025, le Lycée Technique André Peytavin a accueilli un Jokko communautaire d’envergure consacré aux enjeux liés à l’exploitation gazière dans la région de Saint-Louis. La rencontre s’est tenue sous la présidence du Préfet adjoint, dans le cadre du programme Saxal Jàmm, appuyé par l’Union européenne et mis en œuvre par le consortium COSCE – ONG 3D – GRADEC.
Un espace de parole pour les communautés
Face à l’essor des projets gaziers au large des côtes nord du Sénégal, les communautés locales exigent d’être écoutées. Ce Jokko communautaire a précisément répondu à cette attente. Pêcheurs, agriculteurs, jeunes et femmes ont pris la parole pour exprimer leurs préoccupations, mais aussi leurs espoirs.
Les pêcheurs ont soulevé les risques pesant sur les zones de pêche et les moyens de subsistance. Les agriculteurs ont évoqué les éventuelles pressions foncières et environnementales. Les jeunes ont insisté sur l’accès à l’emploi local, tandis que les femmes ont rappelé la nécessité d’une inclusion réelle dans les opportunités économiques générées par le secteur gazier.
Identifier les impacts et anticiper les tensions
Les échanges ont permis d’identifier les principaux impacts socio-économiques et environnementaux liés à l’exploitation gazière : transformation des dynamiques économiques locales, mutation des activités traditionnelles, enjeux de formation professionnelle et exigences de protection de l’environnement.
Plutôt que de laisser ces préoccupations s’accumuler, les participants ont choisi l’anticipation. Des travaux en groupes thématiques ont été organisés afin d’analyser les enjeux en profondeur et de formuler des propositions concrètes, adaptées au contexte local.
Vers une gouvernance plus participative
L’un des résultats majeurs de la rencontre a été la co-construction et la validation d’une Déclaration citoyenne. Ce document servira de base à un plaidoyer structuré auprès des autorités et des acteurs impliqués dans le secteur gazier.
Au total, plus de 70 participants – représentants des communautés, autorités administratives, organisations de la société civile et médias – ont pris part aux travaux. Leur mobilisation traduit une volonté claire : faire de l’exploitation gazière non pas une source de fracture sociale, mais une opportunité encadrée par le dialogue, la transparence et la participation citoyenne.
À Saint-Louis, le message est sans ambiguïté : sans gouvernance inclusive et sans médiation sociale permanente, les projets extractifs peuvent générer des tensions. Avec un dialogue structuré et une implication réelle des communautés, ils peuvent au contraire contribuer à la cohésion sociale et au développement territorial.



