Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa SARR, a reçu jeudi 20 août une délégation de l’ONG 3D, conduite par son Directeur exécutif, Moundiaye CISSÉ.
Les échanges ont porté sur plusieurs questions liées au fonctionnement de la justice, notamment la détention provisoire, le juge des libertés et de la détention, l’assistance judiciaire, les conditions carcérales et le respect des engagements internationaux du Sénégal.
La délégation de l’ONG 3D a salué la nomination du ministre, présenté comme un défenseur des droits humains. Elle a également apprécié certaines de ses premières initiatives, notamment la visite inopinée de nuit à la prison de Rebeuss et la suppression des fouilles intégrales.
L’ONG 3D a ensuite exposé plusieurs préoccupations. Elle demande notamment un meilleur encadrement de la détention provisoire, une réglementation des « retours de parquet » et la mise en place effective d’un juge des libertés et de la détention.
La question de la Haute Cour de justice a également été soulevée, notamment en ce qui concerne l’absence de voie de recours. L’ONG 3D s’est aussi inquiétée des pouvoirs du parquet, des conditions de détention et des procédures judiciaires parfois fortement médiatisées avant même leur aboutissement.
La délégation a par ailleurs insisté sur le manque de magistrats et d’avocats, ainsi que sur la nécessité d’élargir l’assistance judiciaire aux personnes démunies pour des affaires civiles comme les divorces ou les successions.
L’ONG 3D a également demandé la création de nouveaux centres d’accueil pour les femmes et les filles victimes d’infractions, estimant que la Maison rose est aujourd’hui arrivée à saturation.
En réponse, le ministre de la Justice a souligné que la justice est avant tout une question citoyenne. Il a appelé à un changement de paradigme afin de mieux répondre aux attentes légitimes des citoyens.
Concernant la détention provisoire, Me Moussa SARR a reconnu que certains mandats de dépôt peuvent être délivrés alors qu’ils ne sont pas toujours nécessaires. Une circulaire a ainsi été prise pour encourager une meilleure rationalisation des mandats de dépôt.
Le ministre a également indiqué que plusieurs préoccupations soulevées par l’ONG 3D sont prises en compte dans la réforme du Code de procédure pénale actuellement en cours.
Sur les fuites de procès-verbaux dans la presse, il a annoncé qu’une réflexion est engagée afin de mieux protéger le secret de l’enquête et de l’instruction.
S’agissant du respect des conventions internationales, le ministre a rappelé l’importance du « dialogue des juges », qui doit permettre aux magistrats de prendre en compte les conventions internationales régulièrement signées et ratifiées par le Sénégal.
À l’issue de la rencontre, Me Moussa SARR s’est félicité des échanges avec l’ONG 3D et a réaffirmé sa disponibilité à travailler avec les organisations de défense des droits humains.



